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Travailler autrement

Le secteur du nettoyage face aux nouvelles technologies… 20 ans plus tard ?

En 2002, Faridah Djellal signait un dossier sur le sujet* où elle pointait « la montée en puissance des technologies dans le processus de production ». Robotique en plein développement, innovations technologiques, contexte socioéconomique porteur… Deux décennies plus tard, où en est réellement l’activité de nettoyage ? Comment sa nature même a-t-elle « digéré » toute cette R&D ?

(Extrait) « Ces technologies sont à l’origine d’un changement radical de la nature de cette activité longtemps considérée comme essentiellement manuelle. L’activité de nettoyage a ainsi investi les principaux domaines suivants d’innovations technologiques : la robotique, l’outillage et les petits équipements, les technologies de l’information. Dans les départements de recherche-développement (R&D) de certaines grandes entreprises de nettoyage, la conception, le développement et la production de robots et d’automates sont un phénomène récent. Ces robots ont été conçus pour se substituer au travail humain et améliorer fortement la productivité (…) Ces innovations technologiques, qui constituent des innovations de process, sont nombreuses: conception de nouvelles machines (balayeuse aspirante, autolaveuse, chariots modulables en fonction des surfaces) ; création de nacelles adaptées à la hauteur élevée des nouveaux immeubles ;  création de chariots spécifiques adaptés à la taille des bureaux des clients et équipés de matériels particuliers ; mise au point d’un système de pulvérisation d’air pour dépoussiérer les unités centrales d’ordinateurs ; la conception du bassoumètre, outil qui permet de quantifier l’empoussièrement (…) »

 

« Je vous le dit tout net : il y a de quoi rire ! L’automatisation et la robotisation pour l’optimisation de nos métiers ? C’est extrêmement compliqué ! Aujourd’hui en 2021, les seuls robots qui commencent seulement à pointer le bout de leur nez le font au profit d’endroits très grands, des entrepôts de plusieurs milliers de m2 par exemple. Là, oui, une auto-laveuse peut « faire le job », sauf qu’elle coûte un prix exorbitant et qu’elle n’interviendra qu’en semi-autonomie qui plus est !

 

Pourquoi a-t-on besoin avant tout de l’intervention humaine ? Tout simplement parce que nous restons compétitifs. La technologie reste encore inabordable en termes de prix – même l’aspirateur équipé d’une batterie n’est pas encore répandu – et chose importante : les essais opérés dans les aéroports ou en grandes surfaces ont juste confirmé une chose : ces interventions, le cas échéant, se font uniquement en complément du travail des hommes et des femmes, libérés de tâches répétitives.

 

Tirer des lignes droites assis sur une auto-laveuse est une chose ; nettoyer des bureaux et des sanitaires avec leurs particularités, en est une autre. »

 

*https://www.persee.fr/doc/forem_0759-6340_2002_num_77_1_2476